Road trip en stop au Pérou : de la Panaméricaine à la sierra (partie 2) | On Part Quand ?

Deuxième partie de notre récit sur notre road trip en stop au Pérou, de la panaméricaine à la sierra. Si vous ne l’avez pas encore lu, nous vous invitons à lire d’abord la première partie de ce périple en stop. Pour plus de compréhension, ci-dessous, la carte de notre trajet. Cet article porte sur la partie pointillée en bleu clair.

carte road trip en stop au pérou

Road trip en stop au Pérou : s’enfoncer dans la sierra

Mardi, 9h30, nous sommes installés sur un trottoir à la sortie du village dans la direction qui nous intéresse. Le défi est grand : faire du stop pour trouver une voiture pour parcourir une route non asphaltée pendant quatre heures. Je ne vous cache pas que trois heures après nous sommes toujours au même point mort.

road trip en stop au perou

Dans la foulée on apprends que le minibus qui passe la nuit pour aller jusqu’au lac que nous visons ne passera pas non plus cette nuit. En gros, si nous restons à Caraveli plus longtemps, nous devrons y passer une nouvelle nuit et une autre journée à attendre… On n’a pas envie !

On nous dit aussi que depuis Chala, où nous étions passé deux jours plus tôt, il y a une route asphaltée qui mène au lac. Nous décidons donc de retourner à Chala pour y passer la nuit et gagner du temps sur notre trajet du lendemain qui s’annonce tout aussi fastidieux. Décidément ce road trip en stop nous donne du fil à retordre. Depuis Caraveli, nous trouvons un véhicule pour nous redescendre à Atico puis de Atico, après une petite heure d’attente et juste avant que l’on se résigne à dormir à l’hôtel, un camionneur s’arrête pour nous déposer à Chala. C’est comme ça que nous rencontrons Carlos, son 48 tonnes rempli d’avocats qui comptent 415 chevaux au moteur et ses deux tatouages nazi sur le bras…

Dans la cabine on discute musique à défaut de pouvoir parler politique. On arrive à Chala un peu avant 19h, on trouve un hôtel glauque à souhait où passer la nuit et on part manger une chifa.

Road trip en stop jour 5 : De Chala à Incuyo

Mercredi, nous reprenons notre road trip en stop. Nous avons à peine 100km à parcourir mais cela devrait nous prendre plus de 4h. On va s’aventurer dans la sierra. On trouve un camion pour nous déposer à l’intersection qui nous fait quitter la panaméricaine, on attend au milieu de rien pendant une petite heure et la troisième voiture qui passe accepte de nous monter au premier village. De là, on fait nos stars dans un collège  où on nous invite à goûter du vin local et un ceviche entre deux photos avec les élèves.

road trip en stop
selfie avec les élèves d'un collège
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On s’extirpe tant bien que mal des projecteurs pour regagner un nouveau point d’attente. Des hommes croisés un peu plus tôt nous demandent où nous allons, on discute deux minutes quand soudain un pickup passe sur le chemin, l’un de nos nouveaux amis l’oblige à s’arrêter et à nous prendre à l’arrière étant donné qu’il monte jusqu’à Chaparra, le village suivant.

road trip en stop

A Chaparra nous avons deux solutions : continuer à faire du stop mais de moins en moins de voitures font la route jusqu’à la Sierra ou attendre le collectivo qui passe aux environs de 18h par le village.  On décide de faire du stop et d’attendre jusqu’à 17h. Si nous n’avons toujours rien, nous prendrons le collectivo.

On attend environ deux heures au bord de la route, le temps de discuter un petit moment avec un couple de cinquantenaire qui s’intéresse à notre parcours. A chaque fois que l’on dit que nous sommes français les questions fusent : vous avez quel âge ? Combien coûte le billet pour venir au Pérou ? Combien d’heure d’avion il y a? Qu’est ce que nous venons faire par ici ?

Vers 14h30, un petit monsieur sur son vélo arrive vers nous tout essoufflé : le collectivo va arriver il faut que nous allions réserver notre siège !

Vu que nous attendons depuis deux heures en vain, nous nous décidons à prendre le collectivo. Il passe plus tôt que prévu, on pourra profiter du paysage et nous n’arriverons pas en pleine nuit à Incuyo.

road trip en stop
road trip en stop

Le collectivo nous embarque vers 15h30. On délaisse le stop pour continuer notre road trip, pas le choix. C’est parti pour trois heures de routes en lacet avec des vues vertigineuses sur les montagnes. Le paysage change doucement, les flancs des montagnes accueillent quelques buissons secs et au loin, on peut voir un volcan au sommet enneigé : le Sara Sara. Après une quantité innombrable de courbes et virages et un vomi pour Mélanie, on est obligés de s’arrêter en plein milieu d’un plateau de pampa ou courent des vigognes sauvages, avec une vue imprenable sur le volcan : on a crevé.

changer la roue d'un collectivo au milieu de nulle part, Pérou
Le volcan Sara Sara

Le chauffeur change le pneu et c’est reparti, toujours aussi vite sur ces routes à moitié asphaltées. On profite des derniers rayons de soleil sur ces paysages magnifiques. Nous arrivons à Incuyo vers 18h, c’est la pleine lune. On s’installe à l’hôtel Tania très rudimentaire, on regarde avec les propriétaires le dvd des fêtes locales sur leur écran plat dernier cri et on part manger. La nuit est fraîche, ça nous change de la côte !

Jour 6 : La laguna Paranicocha

Mercredi, nous nous levons assez tôt, trouvons de quoi petit déjeuner autre chose que du poulet et tentons de trouver un moyen de transport pour nous rendre à la Laguna Paranicocha située à une vingtaine de minute du village. Aucun collectivo n’y passe. Le taxi nous demande 200 soles, et impossible de faire du stop par ici. Nous n’avons pas beaucoup de solution…

Trouver une moto pour 3

On entre dans le commerce d’une dame qui propose aussi des billets pour des voitures, on lui explique notre problème mais elle n’a pas vraiment de solution à nous proposer. Puis Arnaud lui demande si elle n’aurait pas une moto à nous louer. Bingo, elle a justement une moto qui attend sagement dans le patio, c’est celle de son fils parti étudier ailleurs. On s’entend sur l’heure du retour et on part tout les trois sur notre monture de fortune, Arnaud au guidon. Tout le monde dans le village se retourne sur notre passage, on leur fait coucou de la main. On convient qu’ils ne doivent pas souvent croiser trois touristes sur une moto par ici !

Arnaud sur une moto

On roule à travers la pampa, sur l’unique route asphaltée qui traverse quelques hameaux tout en se rapprochant de la lagune. A Yuracwasi on s’arrête, on laisse la moto dans un coin et nous continuons à pieds à travers les herbes hautes et  jaunes  jusqu’à la lagune.

La laguna Parinacocha

Mis à part des flamands roses et des taureaux qui broutent autour de la lagune, l’endroit est désert et silencieux. A cette époque de l’année, le niveau de l’eau est assez bas, laissant sur les parties asséchées un duvet blanc salé qui réverbère la lumière. On reste ici quelques minutes, le temps d’apprécier le calme, le paysage qui se reflète dans l’eau et de prendre quelques photos puis nous rebroussons chemin.

laguna paranicocha
laguna paranicocha
laguna paranicocha
selfie à laguna paranicocha

De retour dans le village, nous retrouvons notre petite moto et rentrons à Incuyo. En une demie heure après avoir esquivé de justesse deux chiens pas commodes et eu peur d’avoir noyer le moteur de la moto, nous sommes de retour à bon port. Au même moment, la voiture pour nous mener à Pausa, dernière étape avant Cotahuasi arrive. Nous jetons nos sacs sur le toit et grimpons dans le combi. Avec un peu de chance, nous pourrons rejoindre Cotahuasi dans la foulée et y être demain matin, nous sommes contents que tout se passe comme prévu.

Problèmes d’argent

1h20 de lacets vertigineux plus tard, nous arrivons à Pausa qui s’avère être plus petit que ce que nous pensions. Au terminal on demande s’il y a un bus pour Cotahuasi. Mauvaise surprise : il semble ne pas y en avoir. On demande à une autre agence, meme topo. Cotahuasi c’est loin et malgré la route, aucune entreprise ne fait le trajet. On nous propose quand même trois solutions :

  • Prendre une voiture jusqu’à Sayla (un autre village) puis de là prendre un combi pour Cotahuasi ;
  • Prendre une voiture privée jusqu’à Cotahuasi ;
  • Retourner à Chala d’où il y aura des bus pour Cotahuasi (mais ça on ne nous l’avait jamais dit avant…)

On ne sait plus trop quoi penser, on décide de trouver dans un premier temps un hôtel avec le wifi pour pouvoir donner quelques nouvelles et surtout nous poser pour mieux penser. Il faut aussi que nous retirions de l’argent car nous commençons à manquer d’espèces. Nouveau problème : il n’y aucun distributeur de billets dans ces villages.

Nous choisissons l’unique hôtel qui possède le wifi, sur la place des armes. On a l’impression d’entrer enfin dans un véritable hôtel. Depuis le début de ce road trip en stop il faut quand même avouer que nous avons dormi dans des endroits sommaires, rustiques et même plutôt glauques où il ne fallait pas trop regarder dans les coins. Bref, ici, à Pausa, nous avons un vrai hôtel avec de grandes chambres, de la wifi, ça sent le propre et en plus on nous prête des serviettes, du papier toilette et des petits savons.

Nous pouvons donc poser les différentes problématiques et décidé de la meilleure : prendre un collectivo demain midi pour Sayla, y passer la nuit et le lendemain prendre une autre voiture pour Cotahuasi. On a fait les comptes, cette solution devrait passer, en espérant qu’à Cotahuasi on trouve un distributeur de billet sinon on est mal.

Jour 7 de notre road trip en stop : d’illusions en désillusions

Vendredi, à 11h nous retournons donc au terminal pour prendre la voiture qui doit nous emmener à Sayla. On remet les choses au clair avec la dame de l’agence et le conducteur de la voiture. Depuis hier, la version des faits à changer… Nous pourrons effectivement arriver à Sayla ce soir mais aucune voiture ne partira demain pour Cotahuasi, la prochaine passera lundi (normalement) ce qui nous oblige à rester 3 nuits à Sayla, village dénué de toute infrastructure bancaire bien évidemment. On n’a pas envie de perdre du temps et en plus nous n’avons plus assez d’argent pour cette solution, on demande s’il y a d’autres alternatives.

Je vous épargne le récit de la prochaine demie heure qui nous fera passer par tout nos états et discuter avec un tas de personne différentes car la fin de l’histoire est la même : personne ne nous dit la même chose et nous ne savons plus qui nous pouvons croire.

Deux solutions sont cependant à distinguer :

  • Aller à Chala et prendre un bus pour Cotahuasi  (on nous assure que nous en trouverons) ;
  • Aller dans le village de Corculla, y passer la nuit et le lendemain marcher 6 à 8h pour rejoindre Charcana d’où nous pourrons prendre un bus pour Cotahuasi (et là nous en sommes certains).

Sauf, qu’encore une fois, le facteur argent rentre en compte et que nous ne sommes plus si sûrs de trouver un distributeur à Cotahuasi malgré le fait qu’on nous assure que ça sera une grande ville. En revanche, étant déjà passés deux fois à Chala, nous sommes certains d’y trouver de quoi retirer.

Durant ce laps de temps, la voiture censés nous amener à Corculla (ou Sayla) s’est remplie et le chauffeur nous propose les places dans la remorque. Passer quatre heures dans la remorque du pick-up pourquoi pas mais alors nous paierons moins cher… Réponse du chauffeur avec un sourire à en énerver plus d’un : « Ben non, vous profiterez du paysages… »

Connard.

Ce gars on ne le sent plus. Puis de toute façon, quelques minutes plus tard, alors que nous nous sommes éloignés de lui, il passe devant nous, au volant de son 4×4 Toyota, 4 personnes avec lui. Le gars a trouvé du monde pour nous remplacer et est parti sans nous prévenir.

Dans le bus on retrouve certaines personnes qui nous ont aidé dans la matinée, ils se la collent au milieu des passagers et nous invitent à se joindre à eux. Almuerzo, Postre et cena comme ils disent, à chaque fois une nouvelle bouteille d’un alcool local. Chaque gorgée est accompagné de franche partie de rigolade et de musique crachée par l’enceinte portative. De quoi détendre l’atmosphère pendant une petite heure. Le reste du trajet, nous le passerons au fond du bus avec les effluves de pieds et de pipi ambiantes à descendre les routes tortueuses de la sierra pour rejoindre la panaméricaine une nouvelle fois.

road trip en stop

De retour à Chala

Nous n’avons donc plus de solution pour rejoindre Cotahuasi mis à part celle de retourner pour la troisième fois à Chala, ville que nous n’affectionnons pas particulièrement. On se résigne, on essaye de se motiver car l’envie d’abandonner ce road trip en stop est de plus en plus présente. De retour au terminal, un bus arrive à pic pour nous déposer à Chala. Nous n’hésitons pas plus longtemps, il est 13h, avec un peu de chance nous pourrons avoir un bus de nuit pour Cotahuasi dans la foulée.

On arrive à Chala à la nuit tombée, on se rencarde directement pour les bus qui partent à Cotahuasi. La sentence tombe comme un couperet : aucun bus ne part d’ici pour Cotahuasi.

Depuis le début on nous raconte des bêtises. C’est au moment où une dame dans l’une des agences nous dit que nous devons aller à Pausa que nous comprenons que personne ne sait rien. En dehors de leur région, les gens ne savent pas nous renseigner et plutôt que de nous dire qu’ils ne savent pas, ils préfèrent nous jouer du pipo en essayant de nous vendre leur billet de bus au passage.  Celui qui vend les billets pour Pausa vous dira qu’il faut aller à Pausa, celui qui en vend pour Camàna, vous dira qu’il faut passer par Camàna, et celui qui vend des tickets pour Arequipa, vous certifiera qu’il faut vous rendre à Arequipa.  On est blasés, démotivés, fatigués, nous prenons la décision de rentrer à Arequipa, tant pis pour Cotahuasi.

On se trouve un hôtel pour la nuit et décidons de partir demain matin en stop pour Arequipa.

Jour 8 : Retourner à Arequipa en stop

Le lendemain matin, vers 10h nous tendons le pouce dans le centre ville de Chala et le premier chauffeur routier qui passe s’arrête. Temps d’attente : environ 1 min 30. Nouveau record. On fait la connaissance de Miguel qui s’arrête toujours pour récupérer les autostoppeurs. Pendant 3 heures on discute bien avec lui, on l’aime bien Miguel. Vers Camàna, à mi-chemin entre Chala et Arequipa, on descend du camion pour manger mais aussi parce que c’est ici qu’il s’arrête, il rentre chez lui pour le week-end. 

Nous dégustons un énorme plat de poisson dans ce restaurant de routier. On n’avait jamais mangé un ceviche aussi grand et aussi bon, comme quoi ! Plus que repus, nous remettons nos sacs et marchons le long de la panaméricaine, le pouce tendu, ce road trip en stop n’est pas encore fini ! Il nous reste deux heures de route à parcourir jusqu’à Arequipa en voiture et quatre heures si c’est un camion. On espère tomber sur une voiture. Chanceux que nous sommes, au bout d’une vingtaine de minutes c’est Charles et son pickup qui s’arrête. Il va justement à Arequipa. On monte à deux devant et Arnaud dans la remorque. Là encore nous passerons un bon moment, nous pourrons même parler de sujets un peu sensibles tels que l’homosexualité et l’avortement.

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Quelques heures plus tard, nous sommes de retour à Arequipa. C’est un peu comme si on rentrait à la maison. On retrouve l’hôtel que nous avions laissé dix jours plus tôt. Ça fait quand même du bien de rentrer.

Ces huit jours de road trip en stop entre la côte pacifique et la pampa n’auront pas été de tout repos mais auront quand même été très enrichissants. Même si nous n’avons pas pu aller jusqu’à Cotahuasi, nous sommes contents d’avoir vécu tout ces moments dans les villages à la rencontres des habitants. Nous avons vécu une super expérience pleine d’aventures où finalement la destination était moins importante que le voyage en lui-même. Ce périple restera l’un des souvenirs les plus marquants de notre passage au Pérou.

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Continuer la lecture de nos carnets de voyage au Pérou : 

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