Décourvrez le kurdistan iranien avec un local | On Part Quand ?

Après notre passage express par Chiraz, l’idée est donc de remonter « tranquillement » vers le nord pour la deuxième partie de ce voyage en Iran. Après un peu plus de 15 jours passés dans le sud, il nous reste moins de deux semaines pour visiter le nord du pays.

Nous voulions absolument passer par le Kurdistan et découvrir cette région particulière du monde depuis le début de notre voyage.

Aller faire un tour au Kurdistan en Iran

Le Kurdistan Iranien se situe tout proche de la frontière irakienne. La capitale de la région est Sanandaj et il nous a fallu faire une longue journée de transport pour rallier Chiraz à Sanandaj. Nous avons pris un avion de Chiraz à Téhéran puis avons enchaîné avec 7 h de bus pour rejoindre le Kurdistan. Longue journée.

Sanandaj, capitale du Kurdistan en Iran

Le Kurdistan est une région à part qui abrite un peuple particulier. Les Kurdes n’ont pas de pays et leur territoire s’étend sur quatre nations différentes. Ils n’ont donc pas la même nationalité, pourtant, de l’Irak à la Turquie en passant par la Syrie et l’Iran, les Kurdes partagent une seule et même langue, une seule et même culture.

Sanandaj n’est pas une ville très intéressante, mis à part qu’elle permet d’avoir un premier aperçu des différences entre le peuple kurde et le peuple perse. Dès nos premières minutes dans les rues, nous remarquons le style vestimentaire différent et la moustache portée par les hommes. Ici, le pantalon bouffant assorti à une veste qui laisse apparaître une chemise unie, le tout tenu par une ceinture de tissus, est de mise pour les hommes de tout âge. Les femmes portent de longues robes colorées et brillantes, surplombées d’un petit caraco de velours.

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J’irais dormir chez vous au Kurdistan

C’est aux côtés de Ramin, un jeune professeur d’anglais de 22 ans que nous allons découvrir une partie du Kurdistan Iranien. Après une nuit à Sanandaj, nous quittons la ville pour rejoindre Marivan, toujours plus à l’ouest, dans un camion Mercedes vintage. Le trajet arpente la montagne pendant près de 3 heures.

En Iran, le Kurdistan se situe dans les montagnes, à l’Ouest du pays, le long de la frontière irakienne. Lors de notre passage, l’automne commençait tout juste et la végétation était encore verte. En hiver en revanche, la région est enneigée et j’imagine qu’au printemps on peut apercevoir quelques bourgeons côtoyer les monticules de neige qui n’a pas encore fondu.

Pour notre premier soir avec lui, Ramin nous invite dans sa maison. Nous rencontrons alors ses deux sœurs et sa mère qui nous accueillent très chaleureusement. Son père vit à Kermanshah, une ville à quelques centaines de kilomètres, où il est retenu pour le travail. Nous sommes quatre invités : nous deux ainsi qu’un couple d’Allemands avec qui nous sympathisons rapidement.

Rhozhin, la sœur de Ramin nous présente sa famille et nous parle dans un anglais parfait. Nous passons la soirée tranquillement à dîner, boire du thé et discuter de nos vies respectives dans la pièce à vivre de la famille. Comme souvent en Iran, celle-ci est dénuée de meubles, mais reste chaleureuse grâce aux nombreux tapis sur le sol et aux gros coussins contre les murs.

Même si elle ne parle pas anglais, la maman de Ramin est au petit soin et se soucie de notre confort et de notre bien-être. Pour la nuit, la famille nous met à disposition 4 futons dans l’unique chambre de la maison. Nous dormirons tous les quatre ici et le reste de la famille dormira dans le salon. Demain est un grand jour, nous partons à la découverte de la région.

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Découvrir la culture Kurde avec un local

Le lendemain, c’est à deux voitures que nous partons pour la journée. Ramin est notre guide et deux amis à lui nous conduisent dans leurs taxis. Pendant toute la journée, Ramin va nous emmener de village en village pour nous montrer la culture et les paysages kurdes.

On commence la journée en prenant le petit déjeuner à l’ombre d’un arbre au milieu de étendues montagneuses désertiques. Ils ont tout prévu : la confiture de coings faite maison par la mère de Ramin, le « noun » le pain iranien et bien sûr, le thé. Le réveil a sonné tôt et la nuit a été courte. La faim au ventre, nous nous empressons de prendre notre petit déjeuner. Et comme toujours, tout le monde est au petit soin. Ramin nous explique que toute la journée, nous allons rouler à travers une partie du Kurdistan. Nous sommes excités à l’idée de pénétrer ce territoire un peu mystérieux !

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Nous reprenons la route. Les montagnes défilent par la fenêtre et nous entrons dans un premier village que nous traversons à pied. En chemin, nous passons par une petite place centrale sur laquelle de papis sont en train de discuter et de fumer des clopes. L’ambiance ici est paisible et les gens nous disent bonjour et nous sourient. Le village est construit à flanc de montagnes et les terrasses des uns forment les toits des autres. Nous marchons jusqu’à la mosquée du village dans laquelle nous entrons.

Ensuite nous retrouvons nos chauffeurs et reprenons la route. Nous nous arrêtons en chemin pour prendre le thé ou profiter des vues sur le paysage. Pour le repas du midi, Ramin nous arrête dans un autre village où nous mangeons tous ensemble l’éternel kebab accompagné de riz. Le trajet reprend, nous passons par d’autres villages à flanc de montagne. De loin, les couleurs des maisons ressortent et forment un patchwork intéressant au milieu de la montagne. À chaque étape, Ramin nous parle un peu plus des us et coutumes des Kurdes, de leurs luttes et de leur histoire.

Au plus proche de l’Irak

Nous sommes tout prêt de la frontière avec l’Irak, cela donne à notre excursion un petit côté grisant. D’ailleurs après avoir passé un barrage militaire, nous nous arrêterons là, au bord des montagnes, juste en face de l’Irak. Les montagnes s’étendent à perte de vue, mais nous sommes transcendés par la curiosité : qu’est-ce qu’il se passe là-bas ? Et puis nous distinguons, dans les montagnes, des petites tâches orange qui semble marcher le long d’un chemin escarpé. Quelques minutes plus tard, nous comprenons : nous assistons à l’arrivée de contrebandiers, ceux qui font passer de l’alcool, du tabac et du tissu (nous dit-on) de manière illégale dans le pays. Le poste de police n’est qu’à quelques centaines de mètres et ces hommes semblent crouler sous le poids de leur fardeau. Ramin nous explique que les contrebandiers passent ici chaque jour. Ils viennent de l’Irak, déposent leurs marchandises en Iran puis repartent en Irak, à pieds. La randonnée dure 8 h et nous n’osons imaginer ce qu’il se passe les jours où les policiers sont mal lunés.

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Nous, du haut de notre montagne, nous regardons le spectacle avec effarement. Difficile de savoir quoi penser de cette situation.

Et puis nous reprenons la route vers Marivan. Sur le chemin, nous nous arrêtons pour manger de la pastèque proche d’un barrage et de sa retenue d’eau. Le soir, nous regagnons Marivan avec la sensation d’avoir découvert un coin caché. On se sent un peu pionners.

Si l’on s’en tient aux recommandations du gouvernement, cette région du monde est formellement interdite. Il y a surement des raisons, mais ce que l’on peut vous dire c’est que, comme ailleurs en Iran, nous n’avons ressenti aucune insécurité tout au long de cette journée avec Ramin et ses deux compères. Même quand nous étions face aux contrebandiers venant d’Irak. La situation politique est ce qu’elle est et le peuple kurde à de nombreuses revendications. Il est important de se renseigner sur la situation politique de la région, mais ne vous enfermez pas dans la peur et la crainte. Le Kurdistan à énormément de choses à offrir aux voyageurs qui osent s’y aventurer.

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Dîner et danser comme les kurdes

Le soir en rentrant, Mohamed, l’un des chauffeurs, voulait absolument que nous allions manger chez lui. La mère de Ramin nous avait déjà préparé à manger chez elle, mais, qu’à cela ne tienne, Ramin à trouver la solution pour contenter tout le monde : inviter sa mère et ses sœurs chez Mohamed et sa femme pour que nous profitions du repas tous ensemble. En attendant les filles, Arnaud moi et nos amis allemands avons passé un peu de temps avec Mohamed et sa femme qui ne parlent pas anglais. Pas évident de communiquer jusqu’à ce que Mohamed nous proposent d’enfiler des tenues kurdes pour apprendre à danser comme eux. Ni une ni deux, je me retrouvais avec une robe longue à paillettes et Arnaud affublé d’un pantalon large. Mohamed a mis un DVD de Nowruz, le Nouvel An iranien, sur lequel on voit des milliers de Kurdes réunis pour fêter l’arrivée du printemps.

Les Kurdes ont une façon très particulière de danser : ils se tiennent par le bras, bras dessus bras dessous, en ligne, les femmes d’un côté et les hommes de l’autre. La danse en elle-même consiste à bouger les épaules et à avancer légèrement sur la droite. Le meneur ou la meneuse, fait preuve d’un peu plus d’enthousiasme que les autres et tourne un tissu devant elle/lui. On a bien ri !

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Prolonger les festivités au Kurdistan

Nous étions censés repartir le lendemain, mais Ramin a insisté et nous avions envie de rester plus longtemps. Cette journée supplémentaire nous a permis d’aller faire un tour au lac de Marivan avec la mère et les sœurs de Ramin. Puis de passer à l’Institut d’anglais dans lequel Ramin travaille. La raison de notre présence là-bas était très simple : sa superviseuse voulait nous inviter à dîner chez elle.

Après sa journée de travail, nous l’avons donc suivi chez elle où elle nous avait préparé un véritable festin. C’était une super expérience de se retrouver « attablés » avec tout ce petit monde. Une autre amie de Ramin était conviée puis, après le dîner, de nombreux cousins, frères, sœurs et belles-sœurs se sont joints à nous. Nous devions être pas loin d’une vingtaine dans l’appartement. Les hommes discutant d’un côté et les femmes de l’autre. Je ne sais pas ce que les hommes se disaient, mais les femmes, en tout cas, avaient les mêmes conversations que celles que nous pouvons avoir entre copines ici. Beaucoup de leurs questions à notre égard concernaient notre physique et la façon dont on percevait l’Iran, les Iraniens et le port du voile. Les femmes étaient assoiffées de réponses quant à notre mode de vie en Europe. Comme d’habitude, ces échanges sont hyper intéressants pour comprendre le pays et surtout son peuple.

Notre voyage dans le Kurdistan iranien n’aura duré que 3 jours, mais ceux-ci furent riches en rencontres et en expériences. Si vous voyagez en Iran, faites un tour au Kurdistan iranien. Vous y découvrirez une autre culture qui permet de comprendre aussi ce qui se joue sur le territoire iranien. Si vous le souhaitez, vous pouvez contacter Ramin pour qu’il vous fasse visiter la région, comme il l’a fait avec nous. Voici son contact via WhatsApp : + 989 187 756 327. N’hésitez pas à lui dire que vous venez de notre part 😉

 

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