3 jours pour visiter Ispahan, ville mythique d'Iran | On Part Quand ?

Visiter Ispahan en 3 jours

Après deux jours à Kashan, la ville des roses, nous reprenons la route dans un bus pour Isfahan, la ville dont on entend parler quasiment chaque jour. « C’est à Isfahan que l’on trouve les plus beaux monuments » « ah Ispahan !C’est trop beau ! » « j’ai adoré Isfahan« .

Sur la carte, la ville à l’air encore une fois de s’étendre à n’en plus finir. Beaucoup de rues, beaucoup de routes, beaucoup de quartiers. Quand on sort du terminal de bus, c’est effectivement dans une grande ville polluée que nous faisons nos premiers pas, mais ça ne nous étonne pas trop, Ispahan est l’une des plus grandes villes du pays et on sait que cela signifie aussi « l’une des plus polluée du pays ».

Pour cette étape de notre voyage en Iran, nous avons décidé de faire du couchsurfing. Samar, une jeune fille de 26 ans, est disponible pour nous accueillir chez elle, pas loin du quartier touristique de la ville. Samar est une jeune infirmière anesthésiste. Elle travaille la nuit, 7j/7 et vit seule dans un appartement, ce qui est très peu commun pour une fille en Iran. En effet, les femmes restent en général avec leur famille jusqu’à ce qu’elle se marient. Alors elles quittent leur famille pour rejoindre le nid conjugal. Très peu de femmes vivent seules en Iran (du moins, ailleurs qu’à Téhéran) et ce n’est pas très bien vu. D’ailleurs, Samar n’en parle pas et seules ses amies proches et sa famille sont au courant. Elle nous confie qu’elle préfère ne rien dire pour ne pas qu’on vienne l’embêter.

Si elle vit seule aujourd’hui, c’est parce que sa famille a dû déménager à la campagne, à deux heures d’Ispahan. À cause de la pollution, son père a développé une forme sévère d’asthme qui ne lui permet plus de vivre en ville. Notre hôte a bien tenté quelques mois de faire les aller/retour chaque jour entre la ville et la campagne pour son travail mais c’était bien trop fatiguant !

Nous voilà donc fraîchement débarqué chez elle, dans son grand appartement. On ne vous cache pas notre surprise lorsque l’on découvre cet appartement pratiquement vide. Samar nous expliquera plus tard qu’elle va se marier l’été prochain et, qu’ici, la tradition veut que les jeunes mariés achètent ensemble le mobilier de leur logement. Elle ne s’encombre donc pas de meuble pour le moment. Bref, c’est dans ce décor plus que minimaliste que nous passerons nos 4 prochains jours.

 Étant donné son rythme de travail, Samar ne peut pas nous faire découvrir la ville avec elle, c’est donc seuls que nous passons notre première soirée en ville.

palais ali qapu ispahan
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La la place Naghsh-e Jahan, la grande place d’Ispahan

Nous allons dîner dans un mauvais restaurant et rejoignons à pieds la place  Naghsh-e Jahan, la place la plus célèbre de la ville. L’endroit est immense, c’est d’ailleurs l’une des plus grande place du monde. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979, la place de l’Imam, comme elle est aussi appelée, est un véritable témoignage de la grandeur de la perse d’antan. Elle abrite au même endroit deux mosquées, la mosquée du Shah et celle de Cheikh Lotfallah, le palais Ali Qapu et l’une des portes d’entrée dans le grand bazar d’Esfahan.

Nous découvrons cet endroit spectaculaire de nuit, ce qui n’enlève rien au charme qui s’en dégage. Les iraniens vivent beaucoup plus la nuit que la journée, les monuments sont donc bien mis en valeur avec des éclairages et des fontaines. En cette douce soirée de fin d’été, les Iraniens sont tranquillement installés sur l’herbe aménagée de la place pour pique-niquer à la lumière des édifices imposant qui encadrent la place et au son de l’eau qui s’écoulent des nombreuses fontaines. Ambiance bucolique et familiale à souhait.

Alors que je prends quelques photos, nous croisons la route de notre ami Peter rencontré à Téhéran quelques jours plus tôt lors de notre toute première soirée de folie. C’est avec plaisir que nous passerons les prochains jours en sa compagnie.

Le palais Ali Qapu

Nous retrouvons donc Peter le lendemain pour aller visiter la grande place et le bazar. On se retrouve dans un café très fancy pour un petit déjeuner à l’anglaise en terrasse. L’endroit est très étonnant car il reprend tous les codes de nos cafés européens. Musique d’ambiance un peu vintage, décoration et présentation des plats très soignée. Nous dévorons nos petits-dejeuners puis nous rendons tranquillement sur la place de l’imam pour commencer nos visites. Pour la première visite de la journée nous décidons de monter au Palais Ali Qapu.

En rentrant, se succèdent des séries d’escaliers en faïence qui n’ont pas grand-chose d’exceptionnel, jusqu’à ce que nous arrivions à la terrasse du palais qui offre une belle vue sur l’ensemble de la grande place d’Ispahan. D’ici on se rend mieux compte de son étendu et de la beauté des bâtiment autour. La matinée est déjà bien entamée (voire carrément finie) et le soleil au zénith tape de plein fouet. Pas un chat sur la place, nous soupçonnons tout le monde de s’être réfugié dans le bazar.

place de l'imam ispahan
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Si on continue de monter, on accède ensuite à une pièce dédiée aux chants et à la musique. Le plafond est surprenant et très beau. Formé par une succession de voûtes, des formes d’instruments iraniens sont dessinés dans le matériaux permettant alors de créer des ouvertures pour améliorer l’acoustique de la pièce. La couleurs et les moulures sont impressionnantes et nous restons un long moment à les admirer sous toutes leurs coutures.  Même si le palais n’a rien d’exceptionnel, je dirais que cette salle constitue à elle seule tout l’intérêt de la visite.

Bon à savoir : Prix : 200 000 rial / personne

music hall ali quapu ispahan
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Le bazar d’Ispahan

On sort finalement du palais et entrons dans le bazar à notre tour pour éviter la chaleur accablante. Même si l’on est fin septembre, la chaleur de la journée reste très forte et avoisine probablement les 35°C en pleine journée. On se réfugie donc dans les rues couvertes du bazar. L’occasion aussi de découvrir ces endroits typiquement iraniens qui n’ont rein de bordélique. Sous les voûtes de pierres s’enchainent des petites boutiques. Le Bazar d’Ispahan est connu pour ses nombreuses boutiques de souvenirs traditionnels, comme dans d’autres villes touristiques. Cependant, dans d’autres villes ou plus à l’écart des attractions touristiques, le bazar permet aux locaux de faire leurs emplettes les plus classiques qui soient.

Autour de la grande place donc, ce sont principalement des tapis, des bibelots (très jolis soit dit en passant ! ), des bijoux, des habits et des objets en cuivre qui s’amoncellent sur les devantures des magasins. On prend plaisir à s’y balader, les vendeurs ne sont pas tout pressants et on peu avancer tranquillement en regardant ce qui nous plait sans se sentir agressé par les marchands.

bazar ispahan
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bazar d'ispahan
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La mosquée du Chah

Nous arrivons finalement devant la mosquée du Chah aussi appelée la mosquée de l’Imam. C’est la mosquée la plus grande d’Ispahan et probablement la plus impressionnante que nous ayons pu voir en terme de décoration.

Nous étions presque seuls dans la mosquée, ce qui a rendu la visite encore plus agréable, malgré les échafaudages (et les ouvriers) présents dans la cours principale de l’édifice religieux. Nous n’avons donc pas pu admirer la cours intérieure principale de la mosquée mais nous sommes cependant délecté dans les pièces et notamment sous la voûte principale, dans la salle de prière. Les décors sont absolument magnifiques. On commence à avoir l’habitude mais nous retrouvons avec plaisir les céramiques de couleurs bleu, vert et jaune qui ornent chaque centimètre carré de la salle immense.

Au milieu de la salle des prières on distingue au sol une dalle plus foncée que les autres. Quand on se met dessus, on est exactement au milieu de la coupole et le son est alors décuplé. L’écho est inattendu et nous surprend, on comprend alors que c’est a cet endroit précisément que l’imam lance l’appel à la prière. D’ailleurs, un petit vendeur à côté de nous, s’empresse de prendre place pour nous faire une démonstration. Il ouvre la bouche et le son magnifique de sa voix est entre en résonance avec les pierres grâce à l’acoustique exceptionnelle de l’espace. Moment magique.

Prix : 200 000 rials / personne

mosquée de l'imam ispahan
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Sous les ponts d’Ispahan

Apès diner, Peter nous conseille d’aller voir les ponts bien connus de la ville. Isfahan est en effet traversé par une grosse rivière et quelques ponts ont été construit. Enfin, la ville était traversé par une rivière, car à l’heure actuelle, le lit du Zayandeh Rud est complètement asséché. Imaginez un lit de la largeur du Rhône, complètement sec. L’eau a laissé place à la terre craquelée et à la tristesse des habitants. Il y a encore deux ou trois ans, l’eau coulait deux mois par an. Aujourd’hui, les habitants d’Ispahan ne peuvent plus jouir du fleuve car le gouvernement à décidé de bloquer le barrage en amont. Selon eux, s’il fut une époque où l’eau passait sous les ponts au printemps, c’était simplement afin de conquérir leur cœur pour les élections. Une fois les élections passées, et les dirigeants élus, ceux-ci se sont empressés de fermer les vannes et de (re)détourner les eaux vers les champs de pistaches d’un ancien président.

Aujourd’hui donc, vous pouvez voir le pont d’en dessous et vous y balader. Les jeunes iraniens se retrouvent sous les arches du pont Si-o-Se Pol pour fumer le narguilé, jouer de la musique et même boire un peu d’alcool alors même que c’est interdit. Bien qu’il n’y ait plus d’eau, l’ambiance qui se dégage des lieux les soirs reste agréable. Bizarrement, l’air dans le lit de la rivière est bien plus frais qu’à l’extérieur, comme si malgré tout, quelque part sous nos pieds bien profond, l’eau nous envoyait ces derniers signaux.

Ce sont 11 ponts qui se succèdent entre les deux rives de l’ancien fleuve. Le Si-o-Se Pol et ses 33 arches est probablement le plus connu mais si le cœur vous en dit, vous pouvez profiter d’une longue balade pour découvrir les deux autres ponts qui font parler d’eux : le Pol-e-Khaju et le Sharestan. 

si o se pol bridge ispahan
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Les autres choses à faire à Ispahan

La cathédrale Vank – Cathédrale Saint Sauveur d’Ispahan

Pour notre dernière visite dans la ville, nous nous sommes rendu à la Cathédrale Vank. Oui oui, une cathédrale en Iran. Bon d’un point de vue architecturale, elle a plus l’air d’une mosquée dénuée de minaret mais la cathédrale est en fait le symbole d’une entente entre arméniens et perses.

Cathédrale la plus visitée d’Iran, la cathédrale Vank se situe dans le quartier arménien d’Ispahan, au sud du centre historique. Elle a été construite entre 1655 et 1664 suite à la déportation des arméniens de la ville de Jolfa (à la frontière entre Arménie et Iran) vers ce quartier de Ispahan.

Le moins qu’on puisse dire c’est que l’intérieur de la cathédrale (tout petit au passage) soit décoré. Sur les murs, des centaines de fresques baroques à propos du fondateur de l’église arménienne et tout autant de dorures. On ne sait plus où donner de la tête. Dans la cours, une autre salle propose un petit musée qui expose des pièces arménienne ainsi qu’un petit exposé sur le génocide arménien.

Prix : 340 000 par personne

Faire un tour dans le désert de Varzaneh

Entre Yazd et Ispahan se trouve le désert de Varzaneh, une étape très appréciéeçs des voyageurs en Iran. En effet, Varzaneh offre la possibilité de découvrir le désert iranien à l’occasion d’une excursion rapide et peu chère. Nous envisagions d’aller dans le désert plus au sud de l’Iran et n’avons donc pas fait cette excursion. En revanche on vous donne ici quelques infos pour que vous puissiez préparer votre excursion si vous le désirez.

Varzaneh est un village habité depuis 5000 ans. Ici les femmes portent des tchadors blancs, une tradition qui viendrait des zoroastriens (plus vieille religion perse) qui représentaient dieu en blanc. Le village est situé à 15 km du désert. Depuis Ispahan vous pouvez vous rendre seul sur place et trouver un chauffeur directement depuis Varzaneh (moins cher) ou si vous avez moins de temps, vous pouvez arranger votre excursion directement depuis Ispahan.

La grande mosquée d’Ispahan – Mosquée Jameh

La grande mosquée d’Ispahan, aussi appelée la mosquée du vendredi ou vieille mosquée est la plus vielle mosquée de la ville. Edifiée à partir du Xème siècle, elle constitue un point d’intérêt majeur de Ispahan. Nous n’avons pas pu la visiter mais elle nous a été conseillée à plusieurs reprises. En effet, au cours de tout ces siècles d’existence, la mosquée à été plusieurs fois remaniée et les vestiges des différentes architectures des côtoient sous ses voûtes décorées.

Quitter Ispahan pour rejoindre Yazd

Après 3 nuits à Ispahan, nous quittons la ville historique pour rejoindre Yazd encore un peu plus au sud. Nous sommes toujours en compagnie de notre ami Peter avec qui nous passons de bons moments. On veut prendre un bus VIP mais on se fait avoir sur la marchandise et ça sera un bus normal pour les 5h de trajets que l’on s’apprête à faire (prix : 150 000 rials par personne). Samar a été retenue au travail nous ne pourrons donc pas lui dire au-revoir pour de vrai mais nous sommes reconnaissants de son hospitalité.

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