Trek de Santa Cruz en autonomie : 4 jours dans la Cordillère Blanche

Carnet n°22 - Trek de Santa Cruz en autonomie : 4 jours dans la cordillère blanche

Avant propos – L’article se divise en deux parties. Ici vous trouverez le récit de notre expérience sur le magnifique trek de Santa Cruz que nous avons réalisé en autonomie dans la cordillère blanche. Dans le second article (lien ci dessous et en fin d’article) vous pourrez profiter d’un guide complet à destination des futurs randonneurs pour organiser et faire le trek de Santa Cruz en autonomie . Pour ceux qui ne s’intéressent donc qu’à notre guide pratique complet vous pouvez cliquer ici :

Pour les autres, place au récit…


Faire le trek de Santa Cruz en autonomie, une expérience inoubliable !

Jour 1 : Huaraz – Vacqueria – Paria

Départ de Huaraz à 5h30 du matin, pour rejoindre le minibus que nous avons négocié la veille. Nous avons payé un chouille plus cher que si on avait pris les transports locaux mais on s’épargne une correspondance un peu aléatoire. On grimpe donc dans le minibus, on fait le tour de quelques hostels pour récupérer les randonneurs du groupe et hop, direction Vacqueria.

5h de route chaotique plus tard, nous voici arrivés à destination : le village de départ du trek de Santa Cruz que nous avons décidé de faire sans guide. Nous récupérons nos gros sacs et pendant que les autres voient leurs affaires harnachées sur les flancs des mules, nous commençons, sans plus tarder, à descendre le chemin. 30 minutes plus tard, nous nous arrêtons (déjà), pause déjeuner oblige. On a trouvé un petit spot sympa au bord de l’eau, au milieu des bouses de vaches et des mouches de sables… Il nous en faut quand même un peu plus pour ne pas apprécier notre unique repas de roi pour les 4 prochains jours : salade de pâtes, fromage, et maracudja pour le dessert.

Après avoir pris des forces, nous remballons tout et c’est parti, on se met vraiment en chemin cette fois-ci. Les groupes sont devant nous, nous avons le chemin pour nous tout seuls. La première partie de marche de la journée, ne fait pas vraiment partie du parc Huascaran, le parc naturel de la cordillère Blanche à proximité de Huaraz, dans lequel se situe le trek de Santa Cruz. Ici on longe la rivière mais aussi les champs et les derniers villages avant le parc. Les villageois nous saluent, parfois nous remettent sur le bon chemin et nous proposent même des mules pour le lendemain, jour le plus dur de ce trek de 4 jours. Nous les remercions gentiment et continuons tranquillement notre marche plus ou moins plate au milieu de la nature.

Arrive enfin le « check point » la véritable entrée du parc Huascaran. Après avoir passé une très belle vallée qui nous donne des envies de camping, on comprend que c’est ici que l’on s’enregistre et que l’on montre pattes blanches. Tout est en ordre, nous pouvons rejoindre le véritable spot de camping pour cette nuit, Paria, à 3h de marche de  là.  Le paysage est beau, en ligne de mire des pics enneigés, autour de nous la montagne abrupte. Santa Cruz nous voilà !

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On profite de chaque instant malgré les quelques montées et les pierres semées sur le chemin. Nous arrivons enfin sur une étendue plane sur laquelle des tentes sont déjà piquées. Le premier camping. Les quelques tentes disséminées sont celles de randonneurs en autonomie, comme nous. On les salue, il y a beaucoup de francophones et certains sont en train de réunir du bois pour faire un feu. Nous choisissons un emplacement, montons la tente et sommes biens contents de pouvoir nous installer autour du feu.

À peine le soleil s’est couché que le froid arrive au grand galop. Nous n’avons ni gants, ni bonnet ni grosses chaussettes pour affronter la nuit qui s’annonce plus que fraîche. On déguste nos noodles à la soupe d’asperges (franchement c’est vraiment pas si mal!) près des flammes qui, à cette altitude, ont du mal à rester vives et nous ne tardons pas à aller nous coucher. Demain la plus dure journée du trek nous attend.

Jour 2 : Paria – Punta Union – Tuallipampa

Nous nous réveillons avec la fâcheuse impression de ne pas avoir vraiment bien dormi. La nuit a été froide, malgré nos duvets confort 0°C, extrême -3°C. Il faut que nous réfléchissions à une solution pour avoir plus chaud les deux prochaines nuits ! En attendant, nous dégustons notre avoine et notre tasse de thé tant bien que mal face aux braises fumantes de la veille, après avoir remballé la tente. Il est 7h30 du matin et il fait un froid de canard ! La « vaisselle » manque de m’en faire tomber les doigts et nous avons bien du mal à réchauffer nos doigts de pieds, encore endoloris du froid de la nuit. 7h45, nous sommes prêts à repartir : à nous le col de Punta Union à 4750m d’altitude ! Le point culminant du trek de Santa Cruz. Un dénivelé de 1000m nous attend aujourd’hui, nous sommes prévenus !

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Heureusement, aujourd’hui encore la journée est belle et claire. Même si les premières minutes de marche sont bien fraîches, dès que le soleil est sorti de derrière les montagnes, nous nous sommes vite réchauffés. Nous avançons d’un bon pas sans vraiment savoir combien de temps nous sommes censés mettre pour arriver au col. Pas grave. On retrouve pas mal de personnes que nous avions croisés la veille au camping et autour du feu. Nous nous passons devant mutuellement. Quand certains marchent d’un bon pas, d’autres s’arrêtent pour reprendre des forces et vice versa. Certains ont fait appel aux services d’un « arriero« . Des mules portent leurs sacs pendant qu’eux marchent plus léger pour atteindre le sommet. Pour nous la mule c’est tricher, nous assumons nos sacs et finalement ne sommes pas tant à la traîne que ça !

Le dénivelé n’est pas encore trop dur à avaler. Arnaud mâche quand même des feuilles de coca pour que l’effort soit plus facile, je le talonne en cherchant mon souffle qui se fait un peu plus rare. La feuille de coca lui permet de décupler la force de ses poumons : il arrive à marcher et à parler sans grandes difficultés pendant que je peine à faire une phrase courte. D’ailleurs, parfois, je cesse même de répondre. Cela me demande trop d’énergie.

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Autour de nous, la montagne est belle. Nous montons sur un flanc et admirons de l’autre côté, une autre montagne, des pics enneigés et quelques étendues lacustres. Au bout de deux bonnes heures de marche, je demande un petit recap’ sur ce qu’il nous reste à parcourir : nous n’avons plus que 1h30 de marche pour atteindre le sommet, nous sommes déjà à 4500m d’altitude ce qui veut dire que nous avons un peu plus de 200m de dénivelé à marcher avant d’arriver au col. Face à nous la paroi noire de la montagne, abrupte, ne nous laisse pas indifférents. Alors que ces premières heures de marche se sont très bien déroulées, il semblerait que l’effort qui nous attend soit plutôt intense. On remarque que le chemin est plutôt raide et avons du mal à distinguer l’endroit exact où nous passerons le col de Punta Union.

On entame les 200m qu’il nous reste à traverser. Nous marchons sur les parois rocheuses de la montagne. L’effort est intense. Je faisais presque la maligne à 4500m mais désormais, je me concentre sur la difficulté. Les marches d’acclimatation des jours précédents nous ont quand même bien aidé ! On s’arrête de nombreuses fois. Dès que l’on lève la tête on aperçoit les mules passer le col dans l’autre sens et parfois on peut suivre l’avancée des autres randonneurs qui nous devancent. On a encore du boulot !

On monte, on monte, on monte et puis finalement, le col n’est plus qu’à quelques mètres de nous. Au moment de passer le « V » formé par la roche sur la crête, mon cœur se serre. On a réussi et la vue est à couper le souffle. A cet instant on découvre sur notre droite un glacier avec à son pied une lagune bleu turquoise et tout autour de nous, les pics enneigés que l’on suit depuis le début. Au loin, notre regard est emmené par le paysage lunaire et la lagune bleue turquoise que l’on peut observer. C’est magnifique.

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On se pose ici pour manger notre pique nique. Comme chaque jour du pain, du fromage et de la viande séchée. C’est pas mal !

Le vent s’est levé sur le trek du Santa Cruz mais tant pis, on profite des rayons de soleil pour se réchauffer et on ne cesse de s’émerveiller devant le paysage.

LIRE :   Carnet n°32 - Le Sud Lipez et le Salar de Uyuni

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Après une heure de pause, nous remettons nos sacs et entamons la descente. À partir de maintenant nous ne ferons que descendre pendant deux jours et demi. C’est raide et la roche ne nous aide pas. Le sable et les cailloux nous font glisser, il faut rester vigilant. La descente n’en fini plus, c’est assez usant. Nous arrivons au camping après trois bonnes heures de marche. Certains poussent jusqu’au camp de base de l’Alpamayo à une heure et demie de la, nous, nous préférons installer notre tente et profiter des derniers rayons de soleil plutôt que de continuer de marcher. Nous trouvons un coin au calme dans le magnifique camping, tentons de manger notre soupe et nos nouilles a l’abri du vent et sans vraiment tarder nous allons nous coucher. Sans feu de camp, difficile de rester dehors après 19h !

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Jour 3 : Tuallipampa  – Laguna Arhuaycocha – Llamacoral

Cette nuit a été moins froide que la dernière mais on était quand même pas au top du top. La prochaine nuit nous mettrons en place une stratégie encore différente pour avoir chaud . On prend notre petit déj à l’abri du vent qui ne s’est pas vraiment calmé, on range la tente et peu après 8h nous sommes de nouveau en route. Aujourd’hui  nous devrions marcher environ 10km jusqu’au prochain camping mais nous avons décidé de faire un détour de 6km en plus vers la lagune Arhuaycocha.

Nous descendons la montagne. Face à nous, une étendue désertique et au bout un lac. C’est le chemin que nous devrons emprunter tout à l’heure pour rejoindre le camping. Au lieu de continuer de descendre, nous devons remonter un autre flanc de montagne afin d’atteindre le camp de base de l’Alpamayo qui se situe au pied de la lagune.

Honnêtement ça nous a fait un peu chier de descendre 300m pour se rendre compte que nous devions les remonter pour atteindre le camp de base. La remontée n’est quand même pas de tout repos, on a failli laisser tomber. Puis on s’est motivés et on a continué à monter, monter. Au bout d’une heure et demie de marche, nous atteignons une vallée, comme on les aime. Encaissée au milieu des montagnes qui font la renommée du trek de Santa Cruz, autour de nous une étendue plane et verte très agréable.

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On marche pendant au moins une heure avant d’enfin arriver au camp de base de l’Alpamayo. Quelques tentes et alpinistes sont installés ici. On distingue des chaussures à crampons et quelques piolets. Les randonneurs ici s’apprêtent à escalader l’un des sommets les plus hauts de la cordillère blanche. Ce n’est clairement pas notre cas ! Nous laissons nos gros sacs dans un coin et finissons la montée vers le lac, légers comme des plumes.

15 minutes d’effort plus tard, nous découvrons cette autre étendue d’eau bleu turquoise dans laquelle tombe un glacier. L’endroit nous fait penser à la Laguna 69 en mieux car nous sommes seuls devant le spectacle. Des morceaux de glace se détachent et dévalent les pentes du glacier dans un fracas avant de tomber dans l’eau. On mange nos amandes et nos raisins devant ce paysage superbe. Arnaud va même remplir nos bouteilles à l’eau du glacier : pas besoin de pastilles purificatrice pour celle-là !

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Après une pause d’une bonne demie heure nous redescendons au camp de base récupérer nos sacs et nous reprenons le chemin vers le troisième camping de ce trek. On retraverse la vallée, redescendons la montagne et nous retrouvons de nouveau face à l’étendue désertique croisée plus tôt ce matin. Nous faisons notre pause déjeuner ici.

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Repus, nous renfilons nos sacs et en avant. Nous marchons dans ce désert de sable inattendu. Il semblerait qu’un glissement de terrain ait transformé le paysage ici ! On remarque une grande faille dans la montagne. Nos pas s’enfoncent dans le sable, nous avons du mal à discerner le chemin que nous devons emprunter : au sol, les traces de pas se confondent avec les traces de pas des nombreuses vaches et mules qui  passent par ici.

On longe par la gauche, le sable est plus sec, c’est plus facile de marcher. Pendant la balade les taons viennent aussi nous embêter. Nous dépensons la moitié de notre énergie à les combattre. Nous rejoignons finalement la lagune que nous voyions au loin et nous la longeons sur plusieurs kilomètres. Le camping n’est plus qu’à 4 kilomètres de là mais nous commençons à en avoir plein les jambes.

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Un peu de montagne, encore une vallée et nous apercevons enfin les quelques tentes éparpillées au loin. Arnaud a accéléré le pas, je le suis difficilement, ma douleur sous le pied s’est ravivée sur ces derniers kilomètres. Je suis bien contente d’enfin pouvoir m’asseoir. Nous montons la tente, Arnaud lorgne sur une bière à 10 soles. Nous faisons là connaissance de deux alpinistes qui s’apprêtent à rejoindre l’Alpamayo. On échange sur la qualité des duvets en plume (que nous n’avons pas). Ça nous fait retarder le dîner, ce n’est pas plus mal. À la nuit tombée, nous réchauffons notre soupe aux noodles, l’ingurgitons assez vite et hop au lit. La nuit devrait être plus chaude que les deux autres malgré le vent qui nous tient toujours compagnie.

Jour 4 : Llamacoral – Cashapampa – Huaraz

Dernier jour de marche. Nous n’avons pas beaucoup de kilomètres à parcourir pour rejoindre Cashapampa, le village qui marque la fin du trek de Santa Cruz. Nous avons marché quelques trois heures à flanc de montagne. Le chemin, taillé dans la falaise est plutôt facile mais parsemé d’embûches : nous devons traverser d’énormes coulées de roches (vestiges du tremblement de terre de 2007). C’est impressionnant à voir et surtout, on se dit que s’il y avait de nouveau un glissement de terrain – ce qui semble être assez fréquent par ici – nous ne ferions pas long feu.

En contrebas, le rio continue sa course vers les villages, indomptable, le courant de l’eau forme quelques cascades au milieu des roches omniprésentes. On profite de ces derniers spectacles. Certains coins sont vraiment féeriques et nous laisse rêver à une quatrième nuit de camping. Dommage que nous n’ayons pas assez de nourriture.

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Nous prenons notre temps, il est encore assez tôt. Puis au fur et à mesure, on croise de plus en plus de personnes et de mules qui eux, commencent le trek de Santa Cruz. Le village ne doit plus être très loin. Il nous semble qu’il y a beaucoup plus de groupes qui partent dans ce sens là. Les mules sont toujours aussi chargées, je m’aventure à demander à un arriero combien elles portent sur le dos « mas o menos 30 kg ». C’est pas tant, mais elles paraissent vraiment en peine sur certains passages.

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Nous arrivons finalement au panneau qui nous annonce la fin du trek de Santa Cruz. Nous en profitons pour recharger une dernière fois notre bouteille d’eau et manger notre dernier almuerzo. Le village n’est qu’à 10 minutes de ce point, un collectivo semble nous attendre. Nous remplissons les deux dernières places et rejoignons le village de Caraz à une heure de là. Le paysage est toujours aussi beau. Nous jetons un dernier coup d’œil aux pics enneigés qui nous ont suivi pendant quatre jours et terminons cette superbe aventure dans la soirée à Huaraz, là où nous l’avions commencée. Nous resterons une journée de plus dans la petite ville, histoire de préparer notre départ. Le lendemain matin, après 10 jours passés au pied de la Cordillère blanche, nous prenons un  bus de jour pour rejoindre Lima.

Si vous aussi vous désirez faire le trek de Santa Cruz en autonomie, nous vous invitons à lire notre guide pratique, pour tout savoir sur l’organisation d’un trek au Pérou sans agence ! 

Le récit de notre expérience sur le trek de Santa Cruz en autonomie vous a plu ?

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Et voilà, Huaraz c’est terminé et on a adoré ! C’est une étape que nous recommandons à tout le monde, devenue incontournable pour nous si vous passez au Pérou. En quittant Huaraz nous quittons aussi le nord du pays puisque après une brève escale à Lima, nous poursuivons notre route vers le sud. La semaine prochaine on vous parlera de nos quelques jours passées à Huacachina… vous connaissez ?

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