Catamaran en Guadeloupe : Marie Galante, les Saintes | On Part Quand ?

Guadeloupe, carnet 3 : Marie Galante, les Saintes et la (belle) vie sur un catamaran

 

Troisième et dernière semaine de notre séjour en Guadeloupe, cette fois c’est sur l’eau que ça se passe : 5 jours de croisière en Catamaran dans l’archipel de la Guadeloupe. Au programme des visites : Marie Galante, Les Saintes et la vie quotidienne sur la mer.

5 jours de croisière en catamaran dans l’archipel de la Guadeloupe

Aujourd’hui, nous embarquons à bord du catamaran de Christine et son compagnon, qui nous accueillent en toute simplicité pendant 5 jours sur leur maison flottante. On est super excités, un tas de questions se bousculent dans nos têtes : est-ce que l’on va avoir le mal de mer ? Est-ce qu’on va apprécier de vivre sur le bateau pendant autant de temps ? Est-ce qu’il y a une douche à bord ?… Des questions existentielles en somme.

Nous avons rendez-vous à 10h sur la digue de Gosier. Nos hôtes arrivent à bord de l’annexe à moteur pour nous emmener jusqu’au bateau qui est au mouillage plus loin dans la baie, face à l’ilet du Gosier.

catamaran guadeloupe

A bord, on fait le tour du bateau en écoutant très attentivement toutes les consignes de fonctionnement. On est installés comme des rois dans une des coques du bateau, nous avons un grand lit, des rangements ainsi que des sanitaires privés. On se sent tout de suite bien ici !

Il est enfin l’heure de partir, nous mettons le cap sur Marie Galante, l’iîle la plus plate de l’archipel. On assiste, comme des enfants, au spectacle de la préparation à la navigation : hisser la grande voile, lever l’encre et on monter le génois (dans le désordre). On est tout ouïe face aux nombreuses explications et à ce nouveau vocabulaire !

Nous naviguons jusqu’à 15h. La mer est plutôt calme, le vent souffle suffisamment pour que l’on avance bien, il fait beau, la nav’ se fait sous les meilleures conditions. Nous avons pu barrer un petit peu, Arnaud pour le plaisir et moi parce que je commençais à sentir poindre le mal de mer…

Nous jetons l’encre à l’anse Canot de Marie Galante. Une très belle baie, à l’eau turquoise et aux imposantes falaises. On ne peut résister et enfilons notre maillot et nos masques et tubas et plongeons autour du bateau. Les fond sont parsemés de grosses étoiles de mer (les coussins de mers), oursins blanc et diadème (sur lesquels on a vraiment pas envie de marcher !) et bien sûr quelques poissons. Christine nous montrent même un lambi, mollusque à grosse coquille, doté d’un œil et d’une griffe, que j’avais eu l’occasion de voir la veille… cuit en fricassé dans mon assiette.

anse canot Marie Galante

De retour à bord, nous prenons le temps de bien discuter. Le courant passe très bien entre nous quatre. On reprend ensuite la navigation vers Saint Louis, bourg de Marie galante. On passera la nuit ici, au mouillage, comme on dit. Le ciel n’est pas très clair mais les couleurs du coucher de soleil sur la baie sont magnifiques. Au loin, alors que nous discutons, on entend les rythmes de reggae que le vent ramène vers nous. La pluie finit par tomber, nous passerons le reste de la soirée, dans l’habitacle.

Sur les traces du rhum et des esclaves à Marie Galante en scooter

Nous avons la journée pour visiter Marie Galante. Cette île presque toute plate est connue pour ses plages de sable blanc et sa tranquillité. Plus grande île de l’archipel (après l’île principale de la Guadeloupe), nous devons louer un scooter à la journée pour pouvoir avoir un bon aperçu de ce que l’île a à offrir. Nous nous levons tôt pour arriver à la location de scooter avant 8h. L’astuce est d’arriver avant le ferry de touristes qui prennent d’assaut tous les engins. Il ne reste plus que deux scooters quand nous arrivons (les autres ont été loués la veille). Un couple d’anglais prend sa location juste avant nous. Nous nous acquittons de la somme de 26€ puis partons avec nos casques trop grands sillonner les routes à la recherche d’on ne sait pas trop quoi. Oui parce que là encore, nous nous sommes très peu rencardé sur ce qu’il y avait à faire !

vieux moulin à marie galante

Notre premier arrêt se fait à la Gueule Grand Gouffre, sur lequel nous tombons au hasard des routes. Le couple anglais y est aussi, on se dit bonjour puis ils nous indiquent quelques visites à faire sur l’île de Marie Galante. Nous les laissons partir, faisons le tour du petit site puis ré-enfourchons notre bolide en essayant de trouver la bonne route pour nous rendre à la Distillerie Bellevue. La pluie nous surprend sur la route, la grosse pluie. Nous venions de croiser une terrasse de restaurant nous faisons donc demi-tour pour nous y abriter. Les anglais ont eu la même idée que nous ; Décidément, on se suit ! En attendant que l’averse se calme, nous discutons avec eux. Davin et Lise vivent sur leur voilier monocoque depuis 5 ans et se baladent dans toutes les caraïbes. Leur philosophie de vie : prendre le temps de vivre. Les éclaircies sont de retour, nous nous mettons d’accord pour les suivre dans leur tournée des distilleries pour la matinée.

distillerie bellevue à Marie Galante

Nous visitons la distillerie Bellevue puis la distillerie Bielle. Le processus de fabrication du rhum est globalement toujours le même mas il est intéressant de voir les machines et les conditions de travail des ouvriers (que nous n’envions vraiment pas). Les deux visites sont gratuites, nous sommes en pleine période de coupe de la canne nous assistons donc au travail de distillation du début jusqu’à la fin. Davin s’avère être un très fin connaisseur du travail de distillation. Il nous fait la visite guidée en y ajoutant sa touche d’humour. On s’arrête ensuite à la case dégustation tant attendue. Un petit rhum à 10h30 du matin, ça passe quand même !

distillerie marie-galante

La distillerie Bielle est moins moderne que la précédente. Le travail à l’air plus artisanal et le chemin de visite passe au cœur des chaines de production. Aux alentours de l’usine, des mécanismes anciens de distillerie sont exposés ; Là encore, Davin nous explique leur utilité d’antan.

Marie Galante est une île très calme. Les plages sont belles et les routes et villages sont déserts. Très sincèrement, je ne sais pas où sont passés les touristes venus à la journée via le ferry. M’enfin nous nous en portons mieux ! La végétation n’est pas aussi luxuriante qu’en Guadeloupe, ici, les herbes sont basses et l’air est bien moins humide.

Nous quittons nous acolytes anglais pour pique-niquer sur la plage. Enfin… sous un abri sur la plage car la pluie nous a encore une fois rattrapée ! Je pique un somme en attendant que la pluie cesse. Après 2h de pause, nous reprenons le scooter et nous rendons à l’habitation Murat, ancienne bâtisse, où l’on exploitait des esclaves, transformée maintenant en écomusée. On peut visiter le musée mais aussi voir les ruines présentes sur le terrain immense. puis, avant de retourner au bateau, nous faisons un dernier arrêt aux ruines de l’habitation Roussel.

HAB_MURAT2

A 17h30, nous sommes de nouveau sur le bateau. Nous ne devons pas tarder car nous naviguerons de nuit pour rejoindre les Saintes et ainsi être sur place dès demain matin. La nav est moins facile que la veille. Il n’y a pas beaucoup de vent ce qui rend les mouvements du bateau très lancinants. Nous ne tarderons pas à nous sentir barbouillés, le mal de mer nous guette et nous préférons aller nous coucher. Vers 23h, les bruits des moteurs nous réveillent. Arnaud se lève et se rend compte que nous ne sommes pas encore arrivés aux Saintes. Christine lui explique que l’hélice du bateau s’est prise dans la corde d’un casier de pécheur en mer. De jour ce n’est pas une bonne chose, mais de nuit ça l’est encore moins. Ils essayent de régler le problème en vain. Nous arriverons jusqu’à l’endroit du mouillage avec un seul moteur et ils mettront deux jours à régler le problème.

Les saintes, Terre-de-bas la paisible et Terre-de–haut la charmante.

Notre passage sur l’archipel des Saintes commence par la visite de Terre-de-bas. Souvent délaissée pour sa grande sœur, Terre-de-bas est petite île tranquille et plutôt sauvage. Les touristes semblent la bouder mais ses habitants nous accueillent à bras ouverts. Il y a seulement deux bourgs que l’on relie par une route de littoral qui fait 5 kilomètres ou par des chemins de randonnée, à travers la forêt. Nous choisissons de suivre la trace jaune, plus longue que les autres mais à priori plus facile. Aujourd’hui, je préfère qu’on y aille tranquillement.

archipel des saintes guadeloupe

La trace commence par longer la côte ce qui offre un panorama plutôt sympa sur la mer et les îles voisines. Au fur et à mesure, la trace quitte la côte pour s’enfoncer dans la forêt sèche. Ici, peu de végétation épaisse. On se retrouve plutôt dans des forêts familières, aux allures de Fontainebleau. Le sol est jonché de feuille morte et les arbres, plutôt haut ne sont pas très épais. A chacun de nos pas, un lézard saute devant nous et on croise même la route d’un gros Bernard Lhermitte.

foret terre de bas les saintes

Pour ne pas changer, on se prend une forte pluie alors que nous sommes sous les arbres. Pendant près d’une demi-heure, K-way sur le dos pour protéger nos sacs, nous marchons sous l’eau, trempés comme si nous sortions de la douche. L’air est chaud, l’eau nous rafraîchit. Au fur et à mesure, la randonnée perd de son intérêt. Nous ne voyons pas le bout de cette forêt monotone. Je perds patience, j’ai mal aux pieds, bref, j’en ai marre et j’ai envie d’arriver au bourg.

Après une petite dizaine de kilomètres de marche, nous retrouvons enfin la route bétonnée qui traverse le bourg tout petit et tout mignon. Les maisons créoles ont de belles couleurs chatoyantes, la plupart des volets sont fermés mais les quelques personnes sur les terrasses des habitations nous saluent gentiment. Nous reprenons la grande route de la côte pour rejoindre le point de rendez-vous et rentrer au bateau, sous la pluie…

TERRE_DE_BAS

Jeudi, nous visitons Terre-de-Haut. Terre-de-haut c’est la destination touristique. Quand les gens vont aux Saintes, ils ne viennent généralement que sur terre-de-Haut. L’île est donc plus animée mais aussi plus « proprette », ce qui lui confère un charme certain. Il y a de nombreux commerces et restaurants près du port, on peut louer des scooters ou des voitures électriques et il y a bien plus de monde que sur Terre-de-Bas. On vient ici pour faire un peu de marche mais surtout pour se prélasser sur les plages ensoleillées. Et aujourd’hui nous ferons comme tout le monde : nous ne bougerons pas notre cul de la plage !

PLAGE POMPIERE5

D’un commun accord nous avons préféré délaisser la marche pour ne rien faire et simplement profiter de la magnifique baie de Pompière, l’une des plus belle au monde, dans le nord de l’île. Au programme donc : lecture, et sieste dans le hamac. La plage est très jolie, pleine de cocotiers, l’eau est turquoise, il y a de beaux fonds marins et en plus, le vent vient rafraîchir l’air pour le plus grand plaisir de tout le monde. Résultat : je n’ai absolument pas bougé un orteil de ma serviette, même pas pour aller me baigner ! Arnaud lui, ne déroge pas à ses propres règles : s’il y a eau, il y a baignade !

Après avoir bien rôtie sur le sable, vers 17h30 nous levons le camp pour retourner au bateau. Nous passerons encore une très bonne soirée et une excellente nuit, bercés par le remous des vagues.

Laure_Arnaud2

Vendredi ou la vie sur mer.

Après un réveil plus tardif que d’ordinaire, nous levons l’encre et montons la grand-voile sur les coups de 10h du matin pour remettre le cap sur Gosier. Toutes les bonnes choses ont une fin et cette croisière se termine samedi. La mer en sortant des Saintes est un peu agitée mais relativement vite, nous prenons le bon cap et filons sans encombre vers Grande-Terre. Nous profitons une dernière fois de la vue sur les côtes de toutes ces petites îles qui valent le détour.

Vers 16h on mouille face à l’îlet du Gosier. On saute du bateau et nageons quelques 200m pour rejoindre la plage et faire un tour sur l’île toute riquiqui et sans grand intérêt. Elle se compose d’une plage, d’une épave, d’un phare et de deux maisons abandonnées desquelles se dégage une ambiance assez glauque. On remet nos masques et tuba et on retourne sur le catamaran. Notre dernière soirée à bord se passera encore une fois très bien. Le lendemain matin, nous rangeons nos affaires et remettons le pied à terre. Nous quittons le couple que nous sommes ravis d’avoir rencontré.

catamaran à gosier en guadeloupe

Ces cinq jours sur le catamaran auront été pour nous plus qu’une simple croisière. Nous ne regrettons absolument pas d’avoir tenté l’expérience tant la rencontre a été riche. Nous avons pu faire du tourisme que nous n’aurions pas eu l’occasion de faire autrement, tout en découvrant un mode de vie particulier et des personnes très sympathiques. Ces cinq jours passés en mer nous ont fait acquérir nos premières connaissances de la navigation, qui nous servirons, nous l’espérons dans les prochains mois : pour rejoindre l’Amérique du sud et pour traverser le Pacifique. Nous remercions très chaleureusement Christine pour le super accueil qu’ils nous ont réservé et pour ce mode de vie auquel ils nous ont initiés. Désormais, nous nous languissons de pouvoir recommencer !

SUNSET

Pour continuer la lecture :

Pin It on Pinterest

Share This

Cet article vous a plu ?

Pourquoi ne pas en faire profiter vos amis ou le garder en mémoire ? Partagez cet article !