Guadeloupe : de la pointe des châteaux à la soufrière | On Part Quand ?

Guadeloupe, Carnet n°2 - De la pointe des châteaux à la Soufrière

Pour notre deuxième semaine en Guadeloupe, nous vous emmenons de la Pointe des châteaux à la soufrière, le fameux volcan actif de l’île. Au passage, nous ferons un petit détour par la belle plage de la Grande Anse et celle de Malendure où l’on peut admirer des tortues marines en liberté. Bonne lecture !

Lundi, plage de la grande anse sur Basse-Terre

Cette semaine, nous avons la maison et la voiture pour tous les deux. Violetta et Momo sont partis en croisière dans les Caraïbes, nous pouvons donc prévoir notre programme comme nous l’entendons.

Ces semaines en Guadeloupe ont quand même un bel air de vacances. Nous nous sommes très bien adaptés au rythme local. Nous nous levons vers 8h du matin (ceux qui nous connaissent savent à quel point c’est exceptionnel) et nous couchons vers 21h30-22h. Pas comme les poules mais presque.

Tiens d’ailleurs parlons en des poules. En fait, la raison, je dirais, principale pour laquelle nous nous levons aussi tôt c’est les coqs ! Tous les soirs, à 18h, après nous avoir bien fait chier toute la journée,  les 7 coqs et leur bande de poules se précipitent dans l’arbre à pin, à 10m de notre chambre. A 18h pétantes. Nous ne les entendons plus jusqu’au milieu de la nuit… Vers 3h du matin, nous sommes réveillés par les chants tout à fait mélodieux de ces coqs tout droit sorti de la préhistoire…. Imaginez : un « chant » qui a plus l’air d’un rugissement enroué de dinosaure fatigué. Ces coqs se rapprochent plus du t-rex que du coq aux harmonies vocales qu’on essaye de nous vendre dans les livres pour enfant. Donc à partir de 3h du matin, et ce jusqu’à ce qu’on se lève, on a le droit aux échanges des coqs de tout le quartier. En plus, on s’est renseigné, le coq ne chante QUE pour se la jouer !!

Du coup, Arnaud pense à tous les stratagèmes possibles et imaginables pour les faire taire ou du moins faire en sorte qu’ils ne nous croassent pas dans les oreilles toutes les nuits. Tous les soirs à 18h il est donc posté en bas de leur arbre fétiche, et les empêche d’aller nicher, les obligeant ainsi à trouver un autre arbre pour dormir. La manœuvre n’a pas encore bien porté ses fruits.

Bref, donc lundi matin, frais comme des gardons (surtout que cette nuit-là vous pouvez ajouter aux coqs, le chien de la voisine qui aboyait contre les bœufs venus brouter trop près de lui…) nous optons pour une journée tranquille à la plage. La veille nous avions tenté d’aller à la page de la caravelle à Sainte-Anne, on avait entendu dire qu’elle était belle et qu’on pouvait y voir des iguanes. On a vite déchantés quand on a vu la quantité de voiture de location garée déjà un kilomètre avant la plage (Ne jamais aller à la plage le dimanche aux Antilles !) ! Après cet échec, ce lundi matin nous n’avons qu’une envie : pouvoir nous reposer sur une belle plage, TRANQUILLES ! En se levant on se met donc à la recherche de THE plage et nous lisons des choses plutôt pas mal sur la plage de la Grande Anse, près de Deshaies à Basse-Terre, pour ne pas changer.

On prend la nationale 2 et trouvons facilement la plage de la grande anse. Avant d’y arriver, sur la route qui longe la côte, alors que nous profitons de jolis points de vue sur les plages nous en distinguons déjà une plus grande que les autres, au sable doré. La plage semble déserte, on est tout fous à l’idée d’y arriver.

Il y a pas mal de monde sur le parking et aux terrasses des petits restaurants autour. Il n’est pas loin d’une heure de l’après-midi, les gens mangent il y a donc moins de monde sur la plage.

La plage de la grande anse est la plus longue de Guadeloupe. C’est une plage très agréable où le sable est doré et l’eau turquoise. Contrairement à celle du bois Jolan, ici, il y a plus de profondeur dans l’eau. On peut donc mieux y nager ou faire la planche ! Quand on est dans l’eau, on profite de la belle vue sur cette longue anse surplombée par les collines de forêt tropicale qui parcourt Basse-terre.

Nous aussi on commence à avoir un p’tit creux. Ce midi nous goûterons aux fameux bokits vendu sur l’île. Depuis notre arrivée en Guadeloupe, on a eu l’occasion de croiser très régulièrement des camions au bord de la route qui vendent des bokits. En gros c’est  une spécialité locale faite à partir d’une pâte à base de farine. On en forme un pain rond, un peu comme le pain pita grec, que l’on coupe en deux et à l’intérieur duquel on ajoute du fromage, des œufs ou bien de la salade et des tomates accompagnés d’une viande (jambon, saucisse, lardon) ou d’un poisson (morue, thon). Franchement c’est bon, ce n’est pas cher et ça cale !

Je reviens donc, avec mes deux trouvailles à la main, vers Arnaud, qui se prélasse dans son hamac. Je suis partie pendant trente minute (disons qu’il ne faut pas être pressé et que les gars du camion n’étaient pas vraiment des rois de l’organisation…) et ce laps de temps a suffi pour remplacer nos voisins de plage silencieux par une bande de jeunes américain(e)s qui jouent au frisbee, l’enceinte bluetooth bien calée dans le sable et qui s’essayent au mode de vie Robinson Crusoé en essayant de choper une coco (pas mure) dans un cocotier. A part le fait qu’on a failli manger le frisbee et se prendre la coco sur la tête, ils n’étaient pas méchants ni trop pénibles 😉

Notre après-midi se passe, comme toute après-midi plage, entre lecture, discussion, et sieste. On reste jusqu’à profiter d’un beau couché de soleil (notre 1er ! ) sur la mer. Et pour parfaire la photo, un voilier, mine de rien, passait par là, à l’horizon, juste devant l’astre. Lorsque les vagues ont eu mangé le soleil, on a rangé nos affaires et repris le chemin des Abymes.

Plage de la grande anse guadeloupe basse-terre

Aller à la pointe des châteaux sous un ciel tout gris et revenir avec les premiers coups de soleil.

Après une journée course et flemme (j’ai nommé mardi), le réveil de mercredi est un peu déprimant : pas un rayon de soleil à l’horizon et depuis la terrasse, je constate qu’il pleut. Encore. Perso, j’en ai marre, je retourne me coucher. Heureusement, Arnaud est plus positif, ce n’est pas une mauvaise chose qu’il fasse moche : le soleil et la chaleur nous accablent et nous rendent tout mou. Puis, on est équipé pour aller se balader sous la pluie ! Il a bien raison ! Du coup le programme d’aujourd’hui : faire un tour à la marina de Saint François et aller à la pointe des châteaux.

Depuis quelques jours, on s’est mis dans la tête de trouver un bateau pour nous emmener faire le tour des iles de la Guadeloupe en quelques jours. Il y a bien les croisières touristiques qui proposent d’aller aux Saintes ou à Marie Galante dans la journée mais franchement, ça ne nous tente pas des masses. Du coup, on entreprend depuis hier des recherches alternatives pour pouvoir embarquer sur un bateau, de préférence un voilier, et aller passer quelques jours sur les flots. En allant à la marina, on se dit qu’on trouvera peut-être des informations utiles.

Bon il se trouve qu’on n’aura trouvé aucune information mais au moins on aura bien mangé. Après une bonne heure de balade sur le port de plaisance et ses alentours, on s’est arrêté au « filet du pécheur » petit restaurant sans prétention où la patronne sert de très bonnes spécialités sur place ou à emporter. Encore une fois, c’est le ventre bien rempli que nous nous mettons en route vers la pointe des châteaux, le tout bout de Grande – Terre. On roule une bonne dizaine de kilomètres, puis, lorsque l’on commence à voir un certain nombre de voiture garées sur le bas-côté, on décide de faire de même.

Sur notre gauche, la mer, agitée, prend différentes teintes de bleu avant de se jeter, sans état d’âme sur les rochers qui la bordent. Il y a un petit air de Finistère qui se dégage de l’endroit. Le ciel est gris, pas encore menaçant mais ça ne saurait tarder. Au sol, la pierre est coupante et ressemble à du vieux corail fossilisé. On saute de roche en roche jusqu’à atteindre une première pointe.

La pointe de châteaux

D’ici, la vue est déjà superbe. A notre droite, une plage sur laquelle les vagues déchaînées déferlent à toute vitesse. Un peu plus loin, on voit les fameux pics rocheux, montagne des mers, sur lesquelles la houle se fracasse violemment.

Pointe des chateaux guadeloupe

la pointe des chateaux en guadeloupe

Face à nous, l’horizon, à perte de vue. On profite du spectacle et encore une fois, il n’y a pas grand monde à nos côtés. On continue de longer la mer puis on s’enfonce dans la végétation sèche pour rejoindre le point de vue en haut de la falaise. De là, effectivement la vue est plutôt belle. On surplombe les gros cailloux des mers et on admire les vagues houleuses.

Jeudi : Faire l’ascension de la soufrière, notre premier volcan en activité.

Aujourd’hui, la météo à l’air plutôt clémente ! Malgré les coups de soleil d’Arnaud, on se pare de nos plus beaux habits de randonneurs, on se badigeonne de crème solaire et en avant : aujourd’hui on monte au sommet de la soufrière. Nous quittons les Abymes vers midi et rejoignons ma route préférée de l’île : la nationale qui longe la côte est de l’île. Pendant près d’une heure les eaux turquoise nous font des clins d’œil sur la gauche et la végétation luxuriante nous appelle sur la droite.

Nous arrivons aux Bains Jaunes après une bonne heure de route. Ces bains remplis des eaux chaudes du volcan marquent le début de l’ascension. Nous sommes à un peu plus de 900m d’altitude et le sommet de la Soufrière se situe à 1500 m d’altitude. Les bains ont été aménagés pour le plus grand plaisir des randonneurs qui s’y baignent sans complexe avant ou après avoir marché pendant 4h. Nous ne nous y arrêtons pas et entamons la trace qui nous fait pénétrer dans la forêt humide.

Le parcours sur ce premier kilomètre est pavé donc plutôt facile à suivre. Ça grimpe pas mal. Un rocher après l’autre, nous zigzaguons à travers la végétation luxuriante en restant attentif aux bruits environnants. Ici on rencontre plein d’oiseaux et notamment les colibris qu’on adore. Sur le chemin nous croisons beaucoup de monde, qui fait le chemin inverse. Des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des sportifs et des moins sportifs : tout le monde peut monter à la Soufrière, même les enfants a priori !

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Une trentaine de minutes plus tard, nous quittons la forêt et retrouvons un chemin bétonné qui nous mène à une grande esplanade « la savane à mulets ». Nous sommes à 1142m d’altitude et on commence à avoir une belle vue sur la côte, la mer et, à travers la brume qui se forme, on devine les côtes des Saintes. La savane à Mulets semble être un « check point » de la randonnée. Ici, les gens se reposent, boivent un coup, mangent un morceau et rangent leur K-way. Il y a plus de personnes qui descendent que de personnes qui, comme nous, montent. Il est aux alentours de 14h. Le vent commence à se faire plus sentir qu’en bas, on a quitté nos 30°C habituels et je commence à avoir des frissons ! J’enfile ma veste, mange un gâteau et nous commençons l’ascension du flan du volcan.

randonnée soufrière

Le chemin se complique peu à peu. On parcourt environ 1km sur un sentier convenable puis, de nouveau, nous marchons à travers les pierres. Ça grimpe toujours plus, on marche d’un rocher à l’autre en faisant attention à ne pas tomber. Ici l’air est très humide, les rochers glissent et la boue est partout. La brume s’épaissit elle aussi, le vent est de plus en plus fort  et nous ramène les effluves malodorants du volcan. Plus nous montons moins nous avons de visibilité. Autour de nous, la végétation a bien changé. Les fougères et les lianes ont laissé place à une mousse épaisse aux tons vert et jaune, qui retient l’eau comme les sons environnants.

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Quand on admire la vue devant nous, les collines en contrebas ont l’air de grands matelas bien douillets dans lesquels on rêverait de se jeter. On a l’impression d’être seuls. Nous sommes dans la partie que d’en bas, on ne voit jamais. Même par beau temps, la soufrière, pudique, ne dévoile que très rarement son sommet.

On entame enfin les derniers kilomètres de marche. A droite on est impressionnés par les grandes failles présentent sur la robe du volcan, signe de précédentes éruptions. La nature y a largement repris ses droits. A gauche, toujours cette vue vertigineuse. On croise soudain un homme, blessé à la tête, qui tente, avec l’aide de son guide et de sa famille, de descendre le volcan. Derrière eux, un homme s’agite au téléphone avec les pompiers. Nous, on continue de monter, de grimper même, nos mains nous viennent en aide pour ne pas tomber à notre tour.

Puis enfin, on arrive au sommet. Le vent est fort et froid. On aperçoit les premières fumerolles et l’odeur de soufre est plus prononcée. Comme pour nous remercier de notre venue, le temps se dégage d’un coup et laisse réapparaître les rayons du soleil. On peut ainsi profiter de la vue imprenable sur la mer et l’archipel des Saintes. On se balade, nous sommes quasiment seuls ici. Seule une famille est sur le site en même temps que nous. On admire le cratère gigantesque dont la fumée toxique laisse s’échapper une odeur nauséabonde d’œuf pourri. On s’installe quelques minutes pour manger un peu avant d’entamer la redescente. Il est environ 15h-15h30 et nous ne voudrions pas redescendre la nuit.

Panorama sommet de la soufrière

cratère de la soufrière

Le chemin de retour se fait plus facilement. On croise de nouveau le blessé et sa famille et avons le droit au spectacle de l’hélicoptère et du pompier qui descend des airs pour soigner puis remonter le blessé. Pour nous, la descente est tranquille. On ne croise plus personne et nous retrouvons peu à peu la chaleur humide que nous avions laissée. Aux bains jaunes, nous trempons nos pieds dans l’eau tiède histoire de leur faire un peu de bien puis on retourne à la voiture.

A ce moment-là de la journée, nous croisons tous nos doigts en espérant ne pas tomber en panne de voiture. Oui, parce que, ce qu’on ne vous a pas dit c’est qu’à l’aller, la jauge d’essence était carrément dans le rouge. Disons que nous avons surestimé les capacités de la Up… On se fait quand même une petite frayeur au démarrage mais Arnaud, en parfait pilote gère la fougère. Grâce à maps.me on atteint la première station-service, in extremis.

Vendredi et samedi : rencontres en mer sur la plage de Malendure.

Notre recherche de bateau pour quelques jours a porté ses fruits. Nous rencontrons les propriétaires du catamaran sur lequel nous embarquerons la semaine prochaine, histoire d’être surs que le courant passera entre nous. Tout se passe très bien, et ils ont même le temps de nous conseiller d’aller à Malendure pour aller faire des rencontres sous-marines plutôt intéressantes !

Samedi, levés aux aurores à cause des coqs, nous filons à Décathlon pour nous procurer nos nouveaux compagnons de route : un masque et un tuba chacun. Puis nous filons vers Malendure, en suivant bien précisément les indications de la veille. Malendure se situe au nord de Bouillante (Basse-Terre), ville réputée pour sa géothermie. Les plages de Malendure sont connues car se sont de très beaux spots de snorkelling et plongée mais aussi car on y trouve des tortues marines !

Selon nos instructions, les tortues se situeraient sur la plage la plus au nord, dans les « herbiers ». A ce moment-là, nous ne savons pas ce que sont les herbiers…

Après avoir mangé un bokit et bu un jus goyave, passion carambole (trop bon !) sur la plage principale, nous rejoignons la plage du nord, installons nos affaires, ajustons nos masques flambants neufs et zou, à l’eau.

Les récifs sont plutôt chouettes ! On y voit plein de coraux aux belles couleurs et de nombreux poissons : des gros, des petits, des longs, des bleus, des rouges, des némos et des perroquets. Au bout d’une bonne demi-heure de baignade, Arnaud me fait signe de le rejoindre.

Sous lui, une tortue marine qui, tranquillement, broute les herbes des fond marins (les herbiers donc !). Elle est paisible, ne se soucie pas de nous qui la suivons. C’est magique.

tortue de mer à malendure

Nous en verrons deux autres durant l’après-midi avant de rentrer à la maison, de magnifiques souvenirs en tête.

Dimanche, Violetta et Maurice reviennent de leur croisière dans les Caraïbes. Nous allons les chercher, mangeons dans un très bon petit resto à Sainte Anne puis filons Encore un bel endroit à la mer houleuse et aux allures de Bretagne. Arnaud, ne résiste pas à l’envie de piquer une tête dans l’eau. La journée se passe tranquillement, et nous profiterons de la soirée à discuter de la croisière des grands-parents autour d’un bon apéritif.

Porte d'enfer

Pointe d'enfer guadeloupe

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